Naissance du corps végétal
Se lever, marcher, sentir son corps avec ses tensions et ses intentions, m’entraîne, à la recherche d’un instant d’équilibre.
Chaque instant d’équilibre serait le point de départ de toutes formes d’existence.
Cette tension est la clé d’un mouvement qui insuffle la vie, implique la création, provoque la relation.
La nature me fournit la matière pour créer : des branches trouvées ça et là, des formes, qui deviendront sculptures du mouvement à venir ou du mouvement à créer.
Elles expriment l’histoire d’un vécu immédiat où chacun peut trouver sa propre histoire.
Seule la mort peut immobiliser un être,
mais elle ne suffit pas à stopper
un mouvement ...

Une forêt , un marécage, une forêt dans un marécage, une forêt au bord d’une plage, une forêt dans les terres, une forêt dans une ville, un bosquet dans une propriété.
La tempête, le vent, l’âge, l’entropie, les glissements de terrain, les bûcherons, les « Coiffeurs d’arbres ».
Des milliers de branches entassées, des arbres arrachés, cassés, coupés, couchés.
Parfois, le sentiment d’un gigantesque chaos...
Alors je m’approche, je regarde, je fouille, je cherche, je trouve, j’extirpe et je coupe.
Je transporte délicatement.
Je dispose , j’étale, je laisse sécher, je laisse respirer...
Puis je découpe, je pèle, je nettoie, je traite, et je nourris...
Il s’en dégage un geste, une sensation de vie, un instant choisi.
Naissance du Corps Végétal...